Lettre à mon fils - Ibn Al Jawzî (Extraits)

Publié le par Ûmm Mûmine

Lettre à mon fils - Ibn Al Jawzî (Extraits)

Sache également que deux anges (que le salut soit sur eux) inscrivent tes paroles et tes regards. Les pas qui te mènent au terme de ta vie sont comptés. Ton séjour en ce monde est court. La détention dans la tombe est longue, et le châtiment sera terrible pour avoir donné la préséance aux passions. Où est ce plaisir d'hier ? Il a disparu, ne laissant qu'un regret. Où est ce désir de l'être ? Il lui courbe l'échine et fait trébucher ses pas. N'est heureux que celui qui a su faire face à ses passions. N'est malheureux que celui qui a donné la préférence à ce bas monde.

 

Lorsque tu ressens en toi une certaine faiblesse, invoque le Bienfaiteur (Allah), ou même un état de paresse, réfugie-toi auprès de Celui qui assiste. Tu ne peux tirer de profits qu'en Lui étant soumis. Aucun bienfait ne peut t'échapper si ce n'est que par rébellion. Quant au serviteur qui se tourne vers son Seigneur, penses-tu qu'il ne pourra acquérir ce qu'il désire ? Et celui qui, par désobéissance, se détourne d'Allah, penses- tu qu'il puisse accomplir son dessein ?

Mon fils, reconsidère-toi vis-à-vis des lois divines et vois comment tu veilles à ne pas les transgresser, car celui qui a du respect sera estimé, alors que le négligeant sera délaissé.

 

Mon fils, prends bien garde à toi et regrette le passé. Pendant qu'il en est encore temps, œuvre afin de rattraper les gens accomplis. Forme-toi pendant que tu es encore jeune. Souviens-toi de toutes ces heures perdues inutilement et qu'elles te servent de leçon. Ces heures que tu as passées à te complaire dans la paresse, laissant s'échapper divers actes de piété. Les ancêtres pieux (salafs) aimaient accumuler tous les actes de piété. Ils pleuraient lorsqu'un seul leur échappait.

Sache, mon fils, que les jours se réduisent à des heures et que les heures, le temps d'un souffle. Il y a pour chaque être un entrepôt, donc prends garde de ne pas passer en ce monde sans n'avoir rien accompli. Tu t'apercevras le jour du jugement que l'entrepôt est vide, et là, tu le regretteras.

 

Celui qui aurait pu réfléchir sur la vie d'ici-bas, avant même de s'y trouver, celle-ci lui paraîtrait très longue. Lorsqu'il y songera après en être sorti, celle-ci lui semblera très courte et le séjour dans la tombe très long.

Quand il pensera au jour du jugement, il saura que sa durée est de 50.000 ans, et s'il médite sur le séjour au Paradis ou en Enfer, il saura qu'il n'y a pour cela aucune fin. Cependant, s'il examine la durée de vie qui lui est impartie dans ce monde, - disons que l'on nous a imparti une soixantaine d'années - il s'apercevra qu'il a consacré 30 années de celle-ci au sommeil, 15 années à l'enfance , et lorsque tu fais le compte de ce qu'il te reste, tu t'apercevras qu'une grande partie est consacrée aux passions, à la nourriture et à la recherche des biens matériels. Lorsqu'il en extrait ce qu'il a consacré pour l'au-delà, il s'aperçoit qu'une partie de ses actes n'est autre, pour la plupart, que des actes d'hypocrisie et d'inconscience . Donc, avec quoi vas-tu acheter la vie éternelle ? Alors que ce sont ces heures qui passent qui en sont le prix.

 

Lettre à mon fils, Ibn Al Jawzi.

Lettre à mon fils, en PDF :

Publié dans Divers

Partager cet article

Repost 0